Au fil de l’actualité : prises de position, discussions, controverses, mais aussi informations de tous ordres sur l’actualité intellectuelle, la vie du MAUSS, etc.
Capitalisme contre démocratie  [fr]
Thomas Coutrot | 13 mars 2010
La démocratie capitaliste libérale constituerait la forme supérieure et définitive de l'organisation des sociétés humaines. Telle est la doxa qui s'est imposée à l'échelle mondiale après la chute de l'URSS. Cette « pensée unique » postule la convergence inéluctable (...)
L’appel de la chaire  [fr]
Collectif | 9 février 2010
Journée d’étude « Faire crédit dans la France contemporaine » | Les 25 et 26 mars 2010, à l’ENS Cachan.
Réunions et débats de La Revue du MAUSS | Samedi 27 février 2010 : Discussion à partir du n°34 de La Revue du MAUSS, « Que faire, que penser de Marx aujourd’hui ? ». Avec A. Caillé, François Flahault, Anselm Jappe, Christian Laval, Serge Latouche
Réponse d’Etienne Autant à Olivier Bobineau, un commentaire critique de : « Du pouvoir politique et du pouvoir du don : la dialogie fractale de l’Église catholique » (Le MAUSS semestriel n° 34).

Dans cet article de la revue consacrée à Marx, Olivier Bobineau soutient une thèse audacieuse : la longévité de l’institution catholique, selon lui « le plus long exercice de pouvoir de l’histoire humaine », aurait pour origine l’articulation spécifique et radicale qu’elle opère (sa « dialogie fractale ») entre Instituant et Institué, c’est-à-dire entre agapè et pouvoir politique. Etienne Autant récuse les termes dans lesquels Bobineau pose son problème. Ses arguments sont, d’une part que l’Église catholique n’a pas le monopole de la longévité, d’autre part que la dynamique institutionnalisante de l’Instituant et de l’Institué se situe en réalité au cœur de la vie de toute institution et donc – ajouterions-nous – de sa manière de routiniser le charisme (Weber) ou encore de réguler le don (Mauss). (FG)

La règle d’or et le don

Il semble exister une certaine universalité de la règle d’or, qui stipule : « Do as you would be done by ». Ou encore, selon l’évangile selon Mathieu (VII, 12) : « Tout ce que vous voudriez que les hommes vous fassent, faites-le vous-même pour eux ». Quel rapport entre la règle d’or, la réciprocité et le don, ce roc de la morale éternelle selon Mauss ?

Parrainer un tibétain en exil. Le retour spirituel du don

Le don aux exilés tibétains par les Français constitue une forme intermédiaire ou hybride entre le don moderne anonyme (don de sang notamment étudié par Jacques T. Godbout) et le don personnalisé, la personnalisation étant ici un ressort important légitimant l’authenticité de la démarche tout en permettant, puisque médiatisé, une modulation des degrés d’engagement avec le récipiendaire, sa famille et sa communauté. Le don lie, et on voit ce lien agir doublement ici même si l’angle privilégié est l’étude du donateur : une réelle implication avec le récipiendaire est risquée, elle peut mener à une déception à son égard s’il ne répond pas aux attentes (aller à l’école), ou encore le donateur peut-il sentir que le récipiendaire en profite pour vouloir plus. D’un autre côté, le don renforce le déséquilibre Nord-Sud (ou ici Ouest-Est) en plaçant le récipiendaire dans un rôle inférieur, déséquilibre que l’on tente de minimiser par le contre-don d’une information personnalisée renouvelée sur le sort du récipiendaire et de sa famille. Voici quelques unes des réflexions à laquelle nous convie Julie Humeau, doctorante en anthropologie à l’Université Aix-Marseille I/IRSEA. On peut contacter l’auteure à l’adresse suivante humeaujulie@yahoo.fr .

Du risque et de la perception de l’intentionnalité dans le don. Une proposition de typologie des rapports sociaux lao en milieu urbain

En posant la question du « recevoir » plutôt que du « donner », l’auteur de cet article part du principe que la perception des motivations d’un don par le receveur est au moins aussi fondamentale que celle des motivations effectives, car elle influe directement sur les formes prises par les rapports sociaux. Le propos, qui se fonde sur des données ethnographiques obtenues dans le contexte urbain lao, permettra ainsi d’illustrer les raisons et les conséquences de l’intellectualisation grandissante des rapports sociaux sur le tissu social, c’est-à-dire de la transformation d’une économie de don traditionnelle, fondée sur les statuts sociaux, à une modalité moderne et individualisée du don. A partir de ce point de vue, la réflexion a pour finalité de proposer une typologie des rapports prenant la forme d’un continuum s’étendant entre les deux cas-limite que sont l’échange marchand et le don purement gratuit. Pour contacter l’auteur : leolienne@hotmail.com

Religion in Contemporary Consumer Societies

Comment penser les caractéristiques du religieux aujourd’hui au-delà des constats de fragmentation et d’éclatement ? Recensant les grandes caractéristiques de la religiosité actuelle en Occident (le religieux vécu, en somme), il en ressort qu’il faille penser les mutations des dernières décennies en fonction de l’avènement de la société de consommation. En reprenant Charles Taylor, François Gauthier soutient que la société de consommation, en tant que rapport et processus social, a radicalisé le tournant subjectif moderne dans nos sociétés, transformant profondément le paysage religieux. L’auteur introduit également aux travaux de Raymond Lemieux et reprend la notion féconde « d’itinéraire de sens » pour dégager la cohérence des pratiques contemporaines.

Le Supplément du MAUSS est le prolongement gratuit et en ligne de La Revue du MAUSS semestrielle. On y trouvera des articles et des working paper archivés sous forme de dossiers thématiques ainsi que des conférences audio et vidéo.
Une critique amicale de Jean-Pierre Dupuy  [fr]

Alain Boyer discute ici les thèses principales de Jean-Pierre Dupuy, et notamment ses positions sur John Rawls.

Karl Polanyi, une biographie intellectuelle  [fr]

L’œuvre de Karl Polanyi (1886-1964) s’inscrit dans la première partie du XXe siècle, marquée par des catastrophes majeures et par l’effacement de la société de marché qui avait pris forme au XIXe siècle. Ces grandes ruptures ont constitué le défi intellectuel auquel Karl Polanyi a tenté de répondre.

Critique du MAUSS par Michel Freitag   [fr]

La RDMP publie ici une lettre inédite du sociologue et philosophe Michel Freitag, décédé en novembre dernier, à Alain Caillé. Dans une langue plus libre et accessible, l’auteur répond à un texte de ce dernier [« Ni holisme ni individualisme méthodologiques. Marcel Mauss et le paradigme du don », publié in La Revue du MAUSS semestrielle n°8, 1996. Ce texte, très légèrement modifié, forme les trois premiers chapitres de Anthropologie du don. Le tiers paradigme, DDB, 2000 et La découverte/Poche, 2007] et se défend contre l’étiquette de penseur holiste. M. Freitag insiste dans ce texte sur la divergence qu’il voit avec la pensée de son correspondant et les travaux du MAUSS, tant au niveau de la méthode que des prémisses. Divergences qui reposent toutefois sur des conceptions différentes du holisme, notamment. L’auteur critique plusieurs arguments de son correspondant et pose plusieurs questions importantes qui en appellent sans doute à une réponse. La RDMP aimerait remercier tous ceux, et ils sont nombreux, notamment à l’Université du Québec à Montréal, qui ont contribué à la mise en forme de ce texte – que l’on croyait perdu à jamais car sauvegardé sur une très ancienne version de traitement de texte. Comme quoi la dématérialisation des supports n’est en rien gage de postérité. (F.G.)

On lira à la fin de ce texte une brève réponse de Alain Caillé.

Sur Michel Freitag, cf. par exemple : http://www.journaldumauss.net/spip....

Des ruptures avec le marxisme  [fr]

A propos de Merleau-Ponty, Castoriadis, Debord et quelques autres...

La vie comme force alternative au malaise contemporain   [fr]

En s’appuyant sur Jean-Marie Guyau et Nietzsche, Franck Dubost oppose à l’utilitarisme ambiant une morale vitaliste de la fécondité et de la réciprocité. Après la première, consacrée à J-M. Guyau, on lira ici la seconde partie de sa contribution, dédiée à Nietzsche.

Marx et le travail : acte créateur et instrument d’aliénation Ce texte constitue la version, très légèrement révisée de la communication que j’ai faite le 13 novembre 2009 à la Mairie de Lyon lors des « Journées de l’économie » (Jéco). Cet exposé s’inscrivait dans le cadre d’une table ronde qui réunissait dans une « rencontre autour de Marx », André Orléan, qui a évoqué la thématique de la valeur et de la monnaie, moi-même sur le travail et Pierre Dockès sur la théorie des crises. Il s’agit d’une intervention dans une manifestation à l’intention du grand public. J’ai conservé ici la forme de l’exposé, me contentant de fournir en note les références pour citer mes sources ou mes propres textes où ces questions sont plus développées.
On pourra trouver la vidéo de la conférence avec les trois interventions et le débat avec le public à l’adresse : http://www.touteconomie.org/index.p...
El antiutilitarismo y la descolonización del pensamiento latinoamericano sobre globalización [pt_br] En Amérique latine, il y a un sentiment négatif très fort à l’égard du néolibéralisme, mais il est diffus et imprécis. Il manque, à mon avis, un débat plus rigoureux sur les fondements philosophiques et épistémologiques de la pensée dominante mondiale, ce qui exigerait une discussion sur la nature de l’utilitarisme, sur celle de l’anti-utilitarisme et sur leurs présences ambiguës dans le champ des sciences sociales en Amérique Latine. Si je constate que nous avons beaucoup avancé en ce qui concerne la critique de la colonisation des savoirs et des pouvoirs, c’est loin d’être le cas concernant la discussion sur l’anti-utilitarisme ; celle-ci reste très mal comprise dans les milieux académiques. Pour faire avancer le débat, il me semble qu’il faut articuler les approches théoriques anti-utilitariste et post-coloniale autour d’un but très noble du point de vue politique : la dénaturalisation de l’idéologie néolibérale qui a produit des conséquences néfastes dans la région. Les anti-utilitaristes peuvent offrir aux post-colonialistes des informations singulières sur la nature du capitalisme du marché et sur les issues anticapitalistes ; les post-coloniaux peuvent apporter aux anti-utilitaristes leurs réflexions originales sur l’importance des traditions émancipatrices ; sur les résistances politiques, culturelles et symboliques, toujours vivantes ; et sur les savoirs déconstructionnistes, susceptibles d’aider les antiutilitaristes à organiser une critique universaliste et différenciée. Le fait que je sois adhérent au MAUSS et dirigeant de l’ALAS (Association LatinoAméricaine de Sociologie) a facilité la rédaction de cette synthèse théorique. P. H. M.
Organisation paysanne au Brésil : capital social, réciprocité et valeurs humaines  [fr] Les organisations productives paysannes brésiliennes en prise avec le marché s’étayent sur des valeurs (confiance, loyauté, justice) qui sont inscrites dans les relations de réciprocité qu’entretiennent les personnes, ou encore dans le don. Que l’économie n’est pas un ordre autonome qui obéit à ses seules lois prétendument naturelles ...
Teoria e Prática em Economia Solidária. Problemática, Desafios e Vocação [pt] Un beau panorama de l’économie populaire et solidaire au Brésil qui pointe sur les enjeux politiques de sa consolidation, précédé d’une présentation fort synthétique du cadre conceptuel que Genauto Carvalho de França Filho se donne pour l’appréhender.
Les textes ici présentés rendent compte des pratiques associationnistes dont sont porteurs les mouvements sociaux, l’économie sociale et solidaire ou encore les formes nouvelles de l’engagement démocratique.
Les entreprises sociales

Laurent Gardin propose ici une analyse historique et internationale du concept d’entreprise sociale, et expose les enjeux et les difficultés de sa diffusion en France.

La démocratie est-elle une superstructure du capitalisme ? Un regard de Karl Polanyi sur le marxisme

L’objectif de cet article est de montrer comment Karl Polanyi élabore un marxisme à visage humaniste, promouvant une politique de contrôle de l’économie par la démocratie politique. Contrairement à la « sociologie pseudo-marxiste », il ne s’agit aucunement, pour Polanyi, de dénier à la démocratie tout rôle essentiel au motif qu’elle ne serait qu’une simple superstructure du capitalisme. Seule la démocratie politique est en mesure de mettre fin à la détermination des règles politiques par les firmes. Et d’éviter que les populations, mécontentes de la gestion de la crise socio-économique et écologique, ne se tournent finalement vers les solutions autoritaristes.

Au-delà du règne de l’intérêt : la critique morale du capitalisme des premiers socialistes français

Le principe d’association a constitué le cœur du projet politique des premiers socialistes, pour lesquels il devait permettre de concilier bonheur individuel et bonheur collectif. Par la coopération libre et volontaire, pensaient-ils, en développant l’association de producteurs ou encore le mutualisme, il deviendra possible d’éviter l’égoïsme individuel tout comme le despotisme du collectif, et, plus globalement, de promouvoir une société démocratique favorisant le plein déploiement des capacités morales de chacun.

Les politiques locales de l’économie sociale et solidaire à la croisée des chemins

A propos des politiques locales de l’économie sociale et solidaire, du rôle des élus en charge de ce portefeuille, des difficultés qu’ils peuvent rencontrer et des futurs défis que ces politiques locales devront relever pour participer à la construction d’une économie plurielle.

L’association vue en termes de don. Le B-A BA

Une interview en ligne d’Alain Caillé, sur le site de la Ligue de l’Enseignement dans le cadre du débat sur le modèle associatif

Stephen Kalberg, Les valeurs, les idées et les intérêts. Introduction à la sociologie de Max Weber
La Revue du MAUSS semestrielle n°35. Que faire, que penser de Marx aujourd’hui ?
Francesco Fistetti. Théories du multiculturalisme
La Revue du MAUSS semestrielle n°33. L’université en crise. Mort ou résurrection ?
Park Jung Ho : Du mana au salut religieux par la transformation du don. Durkheim, Mauss, Weber
Bruno Viard : Pierre Leroux, socialiste associatif
Le développement durable, une utopie nécessaire ? Libéralisme et développement durable
Le don comme « libre » échange
La grande mutation, Néolibéralisme et éducation en Europe
L’Appel au pardon. Des Turcs s’adressent aux Arméniens
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