La dialogique bubérienne dans le champ thérapeutique

En publiant en 1923 son ouvrage majeur "Je et Tu", Martin Buber propose un nouveau paradigme philosophique autour de la rencontre comme étant le lieu propice au déploiement de l’être, de la connaissance empirique de ce qui fait, selon lui, l’essence de l’Homme : la relation à l’Autre. Cette relation si particulière à soi et à son environnement sera apprivoisée par le champ psychothérapeutique et plus particulièrement par les thérapies humanistes. Nous revenons sur l’apport de ce concept.
Stéphane Breton est psychologue et hypnothérapeute.
Il a publié sur ce site tout récemment :
http://www.journaldumauss.net/?Silence-ca-tourne-ou-le-silence-en-hypnotherapie

Martin Buber est né à Vienne en 1878. Issu d’une famille de lettrés, il suit des études de philosophie à l’université de Vienne, Leipzig Berlin et Zürich. Il découvre la littérature hassidique puis devient professeur de philosophie de la religion juive à l’université de Francfort entre 1923 et 1933. En 1933, il est nommé directeur du bureau central de l’éducation des adultes juifs en Allemagne et quitte ce pays en 1938. De 1933 à 1935, il participe à de nombreuses conférences en Europe, et il est reçu à la Sorbonne. De 1938 à 1951, il est professeur de philosophie sociale à l’université de Jérusalem et dirige de 1949 à 1953 l’Institut d’éducation aux adultes en Israël. En 1953, il revient en Allemagne pour y recevoir le Prix de la paix des éditeurs allemands puis effectue une série de conférences aux États-Unis. En 1963, il reçoit à Amsterdam le prix Erasme. Martin Buber est également docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Il meurt à Jérusalem en juin 1965.

Le Je-Tu/Je-Cela : la rencontre au cœur de la phénoménologie bubérienne

L’expérience fondatrice qui organise, existentiellement, la perception bubérienne du monde est « le face-à-face » : la rencontre absolue de deux visages, de deux êtres dans leur entièreté. C’est le fondement de l’approche philosophique de Martin Buber, décrite dans son principal ouvrage Je et Tu [1]. « Le fruit originel et simple » est celui de la rencontre. Elle est un acte vital, organique. La rencontre opère une action totalisatrice rassemblant tout l’être agissant dans sa propre plénitude, disponible et attentif à soi, à l’autre. Pour Buber, la rencontre est une véritable phénoménologie.

Pour l’auteur, le langage est le premier lieu dans lequel l’individu prend vie et mouvement. Buber écrit que ce n’est pas nous qui portons le langage mais que le langage nous porte. Le langage est comme un « porteur d’être ». L’entreprise bubérienne consiste donc à dévoiler la signification vivante des principes directeurs qui orientent et soutiennent l’existence. Ils sont au nombre de deux couples, de deux dyades, qui entretiennent des relations bipolaires entre eux : le Je-Tu et le Je-Cela ; des « Mots-Principes » comme le précise Buber. La vie de ces couples est la vie de la conscience, vie qui peut être engagée sous deux formes de relation au monde totalement différentes. C’est ainsi que « le monde en tant qu’expérience relève du mot fondamental Je-Cela. Le mot fondamental Je-Tu fonde quant à lui le monde de la relation. » [2]

Le Je-Cela est l’organisation du monde comme expérience empirique du sujet au travers d’un système objectif de choses. Le Cela peut être appréhendé de manière scientifique, objectivante, en réalité extérieure au sujet. Le monde lui-même n’est pas atteint, affecté ou changé par cette connaissance. Il est comme « un rien » car il n’est pas un être. Il n’est pas la vraie vie, c’est-à-dire la vie humaine car celle-ci ne se rapporte pas à des objets. La vie humaine est fondée par la relation du Je-Tu qui se dirige vers un autre, qui n’est jamais une chose. Dès lors, la relation fait entrer les individus dans un ordre de réalité où le Tu devient le Je. Un commencement que Buber souligne comme étant « une disposition d’accueil, un contenant, un moule psychique ; c’est l’a priori de la relation, le Tu inné. » [3] C’est au contact d’autrui que l’homme devient un Je. Pour Buber, le Je n’est vraiment lui-même que s’il est nourri et porté par la relation essentielle au Tu.

Les quatre éléments qui constituent la relation véritable à autrui (le Je-Tu) sont : la réciprocité, la présence, la totalité et la responsabilité.

La réciprocité pose que l’autre est saisi comme une conscience impliquant la capacité à saisir l’unicité absolue de chaque être. A ce moment, on entre en relation avec lui selon une sorte de perception intégrale, globale. C’est dans la vie humaine que la réciprocité permet de donner et de recevoir le Tu. Ainsi l’autre lui-même est présent « dans et par son unique présence » [4]. Cette présence de l’autre est une réciprocité qui « agit en moi comme j’agis en elle » [5]. L’autre comme présence est un autre rencontré. Ainsi, « toute vie véritable est rencontre » [6]. Pour Buber, la rencontre est « immédiate », sans conceptualisation, idée préalable, représentation car « tout moyen est obstacle » [7] à la rencontre. Lors de la rencontre, chacun est réciproquement responsable de l’autre. Cette responsabilité est une éthique de la réciprocité.

Le dialogue comme forme concrète de la rencontre

La relation Je-Tu, lorsqu’elle s’inscrit effectivement dans la vie, est ce que Martin Buber appelle le dialogue. Dans son ouvrage Dialogue [8], il expose le cadre de ce déploiement. Un dialogue vrai est loin de toutes mondanités, conversations de comptoir, causeries. Si le dialogue est d’abord parlé, il peut aussi prendre la forme du silence, du mouvement, des regards, des attitudes. Il est la manifestation d’une conscience qui se déploie. Le dialogue authentique repose d’abord sur « se tourner vers autrui ». Ce mouvement de se tourner vers autrui fait de l’autre un partenaire et le confirme dans son existence. Pour Buber, le dialogue authentique implique certaines conditions : présence, connaissance intime de l’autre, mouvement de chacun vers l’autre mais aussi discrétion. Le mouvement dialogique fait entrer l’individu dans le monde de l’Interhumain. Jamais acquis, le dialogue authentique nécessite une re-création permanente de la rencontre humaine, vivante et consciente. Parce qu’il n’est ni un monologue, ni un dialogue technique mais un partage, le dialogue authentique est organique. Pour Buber, le dialogue authentique est le témoignage de « la substance de l’esprit humain. » [9] L’un des obstacles, selon l’auteur, à ce dialogue authentique est le basculement du Tu vers le Cela, c’est-à-dire vers le monde des choses où l’autre n’est plus qu’une cause, un objectif ou un moyen.

Les résonances bubériennes dans les psychothérapies humanistes

L’approche phénoménologique [10] fonde pour partie la psychothérapie humaniste. Dans cette perspective, l’expérience de la rencontre constitue un tournant existentiel pour le patient. La position active du thérapeute, son ouverture psychocorporelle, son retrait de la relation mondaine, sociale ou utilitaire, convoquent chez le patient une mise en mouvement de ce qu’il est, l’agit et l’autonomise. Le chemin vers l’autre devient le chemin vers soi, sa propre trans-formation. C’est la découverte, l’émergence, la mise en œuvre d’un processus de connaissance ou de renaissance de soi. Cette expérience de la rencontre est celle d’un élargissement de la personne, de sa relation au monde et aux possibles. La rencontre est celle de deux êtres vivants qui, plus que l’addition de leurs subjectivités, conduit à l’avènement d’un espace d’action, de modification et de changement existentiel. Dans l’expérience de « l’éprouvé », c’est-à-dire dans ce contact frontal avec « la Vie » [11], avec la « chair du monde » [12], la rencontre prend toute sa signification : une atemporalité, une suspension du temps ordinaire, une régénérescence en vue d’une réunification de la personne. Ce que nous pourrions nommer : une sensation de vivre, une conscience d’être vivant dans le monde et avec autrui, une présence à soi. Pour Ludwig Binswanger [13], c’est ce qui caractérise « l’espace thymique » [14], c’est-à-dire l’espace dans lequel la présence humaine prend corps, forme et expression, en relation avec « l’entour », son environnement, à la manière d’un accordage singulier, coloré et vécu comme unique par chacun. Biswanger précise : « l’espace entre en résonnance avec l’existence et vibre du même ton [...] « Je » et « monde » forment une unité » [15].

Ces propos font écho à la clinique hypnothérapeutique de François Roustang [16] qui insiste sur l’expérience de la transe comme espace de réorganisation existentielle, de rupture et de liaison entre ce qui prend fin et ce qui s’annonce sans que l’on sache encore ce que seront les modalités de son expression. Il souligne le pouvoir de la transe à créer « un lieu pour se retirer, un lieu où il ne se passe rien, mais où les contraires sont possibles en même temps, lieu de liberté et de souplesse où les positions s’ouvrent et se ferment. [...] C’est se tenir à l’écart pour exercer le non-savoir, se mettre à l’écart pour retrouver le commencement. Le degré zéro de l’existence » [17]. Exister devient dès lors une mise en relation avec le monde dans son acception intégrale, radicale et singulière. Et poursuit avec la question : « de quelle nature est donc cette relation qui fait vivre et exister ? » pour répondre plus loin : « c’est un échange, une influence mutuelle acceptée et transformée par chacun à sa guise, un processus ininterrompu de configurations nouvelles » [18].

L’approche de François Roustang entre en résonnance avec le travail philosophique de Henri Maldiney. Pour celui-ci [19], c’est l’étonnement qui brise toute familiarité avec le monde et nous invite à être, dans et par la rencontre avec l’autre, cette altérité radicale qui fait de nous des êtres vivants. Ainsi « l’être est mis en demeure de devenir autre, c’est-à-dire de s’anéantir à dessein d’exister » [20]. La rencontre est une présence intense, une réciprocité surprenante, un mouvement de l’être qui de tout son corps participe à l’écoute de l’autre. Dans la rencontre, on fait corps avec l’autre et avec soi. Dans la rencontre, on se sent et on sent l’autre. Car se sentir est cet acte d’ouverture au monde. C’est une expérience sensible, un surgissement immédiat au monde, à la singularité de l’être. Maldiney, précise, au travers de son concept de « transpassibilité » : « ce n’est pas être projet du monde qui fait que je suis moi ; c’est ma façon d’accueillir, d’endurer l’événement et d’être par lui mis en abîme, mis en demeure d’exister dans l’instant éclaté » [21]. La « transpassibilité » est cette capacité à sentir ce qui est, ce qui se présente devant soi, ce qui permet à la personne d’exister en résonance avec le monde et les autres.

Dans la perspective de l’approche centrée sur la personne (ACP) fondée par Carl Rogers [22], la personne est volontairement accueillie dans sa totalité. En relativisant la symptomatologie du patient reçu, Carl Rogers privilégie le spectre émotionnel dans la relation thérapeutique. Inspiré de la tradition philosophique rousseauiste [23], Rogers postule que la personne dispose ontologiquement d’une capacité de changement, d’un potentiel de croissance et de maturation émotionnel, cognitif, et d’une compétence à agir au mieux de ses intérêts et de ceux de l’autre. Ainsi, l’ACP met en avant dans son champ thérapeutique les ressources et les compétences [24] de la personne comme levier d’une modification effective de ce qui fait problème. La personne est définie comme un processus de progression, d’organisation et d’harmonisation sur le plan émotionnel, cognitif, sensoriel et spirituel. L’objectif de la personne est sa conservation et son développement. Rogers souligne : « l’organisme a une tendance fondamentale à se réaliser, se maintenir et s’améliorer » [25].

Pour Rogers, le « regard inconditionnel positif » [26] vers autrui est un élément fondamental de la personne (enfant et adulte), sous la forme d’une attitude d’ouverture, d’accueil et d‘attention sans restriction. Dans le cadre de son travail de recherche théorico-clinique, Rogers a été influencé par les travaux d’Otto Rank [27] et par la démarche philosophique de Martin Buber. A propos de Rank, Roy J. de Carvalho souligne que « l’influence de la théorie de la volonté de Rank peut se voir dans l’insistance que Rogers met sur l’ici et maintenant de la relation thérapeutique elle-même, dans sa conviction que l’attention et les liens émotionnels intuitifs peuvent produire une croissance individuelle et dans son insistance sur l’importance du respect pour le caractère unique et le potentiel du patient. Rogers fut influencé par l’américanisation de la pensée de Rank, qui devint la thérapie de la relation » [28]. Il poursuit, concernant la théorisation rankienne à propos du regard thérapeutique porté sur patient : « Le rôle du thérapeute est alors de créer des expériences positives qui permettent aux patients de découvrir les dynamiques internes de leur personnalité et d’agir sur elles sans la peur et l’anxiété associées aux situations de la vie ordinaire ».

S’agissant de Martin Buber, Rogers retient la nécessaire construction d’une relation de confiance entre le thérapeute et le patient. Une relation avant tout authentique et bienveillante, dans laquelle le thérapeute ne se cache pas derrière une « neutralité de façade », une « posture artificielle ». Pour Rogers, le thérapeute ne doit en aucune manière se situer dans une position de défense et/ou d’expertise. Bien au contraire, le thérapeute doit s’engager « corps et âme » dans la relation thérapeutique. Dans cette perspective, Rogers s’attache à définir trois attitudes majeures propices au changement thérapeutique : la congruence, le regard inconditionnel positif et l’empathie.

La congruence invite le thérapeute à être ouvert à sa propre expérience afin d’y rechercher, d’y puiser les ressources utiles pour entrer dans une relation authentique et confiante avec son patient. Rogers précise ainsi : « […] le thérapeute, dans le cadre de cette relation, doit être une personne intégrée, authentique, congruente. Cela signifie que, au-dedans de la relation, il est profondément et librement lui-même, avec son expérience réelle exactement représentée par la prise de conscience qu’il a de lui-même […] Cela inclut clairement qu’il soit lui-même, y compris de manières qui ne sont pas considérées comme idéales pour la psychothérapie. Il se peut que son expérience soit « j’ai peur de ce client » ou « mon attention est tellement centrée sur mes propres problèmes que je peux à peine l’écouter ». Si le thérapeute ne refuse pas ces sentiments à sa prise de conscience, mais qu’il soit capable d’être librement ces sentiments (tout en étant d’autres sentiments), alors la condition (congruence) que nous avons énoncée est remplie » [29].

Le regard inconditionnel positif insiste quant à lui sur le fait que le patient est totalement encouragé à être ce qu’il est sans aucun jugement ni effet de comparaison, ni sentiment de culpabilité.

En ce qui concerne l’empathie, Rogers la définit comme une « compréhension juste et affective de l’univers de l’autre vue de son point de vue. Ressentir le monde singulier de la personne comme s’il était le nôtre, mais sans perdre la qualité du comme si » [30]. Le thérapeute participe ainsi au monde sensoriel de son patient sans se substituer, ni s’imposer à lui. Il accompagne ce mouvement dynamique de prise de conscience chez le patient.

Ces trois qualités participent activement à la construction dynamique d’une l’alliance thérapeutique [31] effective et efficace se définissant comme « une notion multidimensionnelle, incluant les dimensions de collaboration, de mutualité, et de négociation” [32] entre le thérapeute et le patient. Et de poursuivre : « l’alliance est dépendante de la capacité fondamentale à former une relation de confiance stable ; capacité enracinées dans les relations précoces entre le bébé et la mère, et aussi entre le bébé et le père » [33].

Du côté de la clinique d’inspiration gestaltiste, l’idée centrale porte sur le fait que la personne ne devient elle-même parce que l’autre est présent. En d’autres termes, on ne devient pas soi par soi mais par la relation avec autrui. Il s’agit de l’indissociabilité entre la personne et son environnement. Ainsi, l’émergence du Je est conditionné à son environnement relationnel. La thérapie est désormais « non pas seulement parler de ce qu’on a vécu, mais bien plutôt d’en faire le récit à un interlocuteur auquel on s’adresse pour entendre le sens et l’éprouvé de ce qui s’est passé sans que l’on ait pu pour autant s’en saisir comme expérience » [34]. C’est dans la rencontre avec le Tu que le Je se dé-couvre, se réactualise, se ré-oriente.

La théorie gestaltiste du champ témoigne de cette perspective de l’expérience relationnelle. L’idée du « champ organisme-environnement » pointe l’inévitable interaction entre Je et son environnement. Je est l’environnement, l’environnement est Je, c’est en cela que la relation est une relation globale, indissociable, non-duelle. L’expérience de ce que je ressens, pense, vis, imagine, est une activité sensorielle placée dans l’environnement. C’est une expérience du « dedans » en lien avec une expérience du « dehors », celle du « il y a » « des objets, des phénomènes, etc. Le « il y a » est celui des autres, de l’altérité. Ce dialogue phénoménologique non duelle fait que le Je et le monde, l’environnement du patient, se constituent mutuellement dans un « être-au-monde » [35].

Conclusion

De Buber aux psychothérapies existentielles, il n’y a qu’un pas, pourrait-on dire. Un pas d’abord vers l’Autre, celui qui semble loin, si différent, incompréhensible, insondable. C’est l’expérience de la relation qui constitue le cœur de cette possibilité. Une rencontre intime, sensible ; une interaction sans attente ni demande. Une « simple » disposition de l’être à entrer en contact avec ce qui est face à lui et en lui pour le mettre en jeu dans la relation Je-Tu, thérapeute-patient. Une rencontre inconditionnelle, empathique, congruente pour « faire » de cette « liaison sensible » un espace, un champ d’ouverture et de réalité consciente et partagée. En cela, la rencontre constitue une attention à soi, à l’autre, sans jugement, une mise en mouvement de la conscience, dans la chair et l’esprit, dans une perspective thérapeutique. C’est ce que proposent à leur manière l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers, la Gestalt-thérapie et l’hypnose de François Roustang, par exemple.

// Article publié le 18 septembre 2021 Pour citer cet article : Stéphane Breton, « La dialogique bubérienne dans le champ thérapeutique », Revue du MAUSS permanente, 18 septembre 2021 [en ligne].
http://www.journaldumauss.net/./?La-dialogique-buberienne-dans-le-champ-therapeutique
Notes

[1Martin.Buber, Je et Tu, Paris, Aubier, 2012. Version originale de 1923.

[2Ibid, p. 38.

[3ibid, p.60.

[4Ibid, p. 45.

[5Ibid, p.46.

[6Ibid, p.44.

[7Ibid, p.44.

[8Martine.Buber, La vie dialogique, traduction de Loewenson-Lavi, Paris, Authier, 1955.

[9Ibid, p.125.

[10L’acception moderne de ce terme apparaît pour la première fois dans l’ouvrage de Edmond Husserl, Recherches logiques en 1901. L’auteur propose un nouveau regard sur les choses et sur leur manière d’apparaître au monde et d’être éprouvés au travers de l’expérience humaine. Il s’agit d’opérer un retour sur les « choses elles-mêmes », à leur signification vécue, en pointant l’attention sur la présence qui se dégage de cet acte d’être. On parle alors de vécus immanents de la conscience.

[11Bin.Kimura, L’entre. Une approche phénoménologique de la schizophrénie, Grenoble, Jérôme Million, 2000.

[12Maurice.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1987.

[13Psychiatre et philosophe suisse (1881-1966). Fondateur d‘une méthode thérapeutique d’approche phénoménologique, la « Daseinanalyse » ou analyse existentielle par laquelle il tente de faire émerger l’humain dans sa relation au monde, à autrui et dans son existence sensible et concrète.

[14Ludwig.Biswanger, Le problème de l’espace en psychothérapie, Toulouse, PUM,1998.

[15Ibid.

[16Jésuite, psychanalyste puis hypnothérapeute, François Roustang (1923-2016) a réactualisé les fondements philosophiques et anthropologiques de l’hypnose et ouvert des perspectives cliniques radicales en ce qui concerne le processus de changement chez les patients et la position du thérapeute dans le dispositif de soin.

[17Sylvie Le Pelletier-Beaufond., 2019, Abécédaire François Roustang, Paris, Odile Jacob.

[18Ibid.

[19Philosophe, spécialiste de la phénoménologie, Henri Maldiney s’est intéressé au champ thérapeutique et tout particulièrement à la psychiatrie et à la psychopathologie.

[20Henri.Maldiney, Existence, crise et création, Fougères, Encre marine, 2000.

[21Ibid, p.323.

[22Psychologue et psychothérapeute américain. Carl.Rogers, Le développement de la personne, Paris, InterEditions, 1961 et 2005.

[23Jean-Jacques. Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755. Dans cet essai philosophique, Rousseau expose entre autres sa conception de l’état de nature et de la perfectibilité humaine. Il fait référence au mythe du « bon sauvage », qui conclut que chaque homme vient au monde avec une bonne prédisposition et un comportement moralement bon, mais que la société le corrompt en l’obligeant à participer à son jeu moral, mondain et bourgeois.

[24On peut voir ici l’une des références théoriques de Carl Rogers, à savoir le travail du biologiste Szent-Gyoergevyi, prix Nobel 1974, découvrant le principe téléonomique, consistant à affirmer la tendance de la matière vivant à se perfectionner elle-même dans le développement biologique.

[25Carl.Rogers, Client-centered therapy : its current practice. Implications and theory, London, p.487, 1951.

[26« Unconditional positive regard » dans Le développement de la personne, Paris, InterEditions, 1961 et 2005.

[27Psychanalyste autrichien (1884-1939). Auteur de Volonté et psychothérapie, Paris, Payot, 2002.

[28Otto Rank, « Le cercle rankien de Philadelphie et les origines de la psychothérapie centrée sur la personne de Carl Rogers », dans Approche centrée sur la personne – Pratique et Recherche, 2010/2, n°12.

[29Carl. Rogers, “The necessary and sufficient conditions for therapeutic personality change” dans Journal of Consulting Psychology, n°21, 1957.

[30Carl. Rogers, Le développement de la personne, Paris, InterEditions, 1961 et 2005.

[31Antoine.Bioy, Maximilien.Bachelart, « L’alliance thérapeutique : historique, recherches et perspectives cliniques », dans Perspectives Psy, 49 (4), 2010.

[32Ibid.

[33Ibid.

[34François.Flahault, Be yourself – Au-delà de la conception occidentale de l’individu, Paris, Editions Mille et une nuit, 2006.

[35Référence au concept de Martin Heidegger relatif à l’être « existential », fondamental et unitaire. C’est une disposition au monde dont l’auteur précise les termes « L’être-là n’existe pas d’abord isolément, à la façon du sujet cartésien, par exemple, pour entrer ensuite en relation avec quelque chose comme un monde, mais se rapporte d’emblée au monde qui est le sien ».

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