Michel Terestchenko, "Ce bien qui fait du mal à l’âme".

La littérature comme expérience morale

Ce bien qui fait mal à l’âme. La littérature comme expérience morale

Par Michel Terestchenko

Editions Don Quichotte, janvier 2018
Éditeur Don Quichotte
Pages : 288
Prix : 20,00 €
ISBN : 978-2-35949-659-8

« Au sortir de cette chose difforme et noire, qu’on appelle le bagne, l’évêque lui avait fait mal à l’âme comme une clarté trop vive lui eût fait mal aux yeux en sortant des ténèbres. La vie future, la vie possible qui s’offrait désormais à lui toute pure et toute rayonnante le remplissait de frémissements et d’anxiété. » Victor Hugo, Les Misérables

Face au bien qu’incarne énigmatiquement le prince Mychkine, face à l’innocence que porte le beau matelot Billy Budd, face à la bonté dispendieuse dont Salomon Rubinstein fait une invective contre les hommes et contre Dieu, ou encore face à l’incrédulité de Jean Valjean devant le don insensé de l’évêque de Digne et qui le conduira sur le chemin douloureux de la rédemption, face aux êtres qui obéissent chez Stefan Zweig à la pitié créatrice et échappent au piège de la pitié sentimentale, nul ne reste indifférent : ni les personnages qui gravitent autour d’eux, ni le lecteur qui se trouve, à son tour, sommé de répondre à une expérience existentielle radicale.

Telle est la puissance du bien que le nouvel ouvrage de Michel Terestchenko explore dans des exercices de lecture généreux, où se découvre la profonde humanité de l’homme.

Philosophie Magazine, n°116, février 2018 :

« Comme une clarté trop vive  », qui écrase les nuances et sidère le jugement, le bien ne fait pas, dit-on, de bonne littérature. S’il s’agit de peindre la condition humaine, le mal offre des ressources infiniment plus riches. Que faire alors du prince Mychkine, l’idiot christique de Fedor Dostoïevski, de Jean Valjean, le héros déchiré des Misérables de Victor Hugo, de Billy Budd, le trop beau matelot de Herman Melville, de «  la bonté aveugle, insensée, nuisible  » de la vieille femme dans Vie et Destin de Vassili Grossman ? Convaincu, comme Hannah Arendt, que «  seul le bien est radical  », Michel Terestchenko a osé se laisser saisir par l’évidence : « nul besoin de définir le bien pour le reconnaître quand il se manifeste  », et pour cela, la littérature est plus profonde que la philosophie. Avançant au gré de ses lectures, comme autant de rencontres sensibles, il déroule une belle et simple pensée éthique, qui fait dialoguer Charles Dickens et John Stuart Mill, Fedor Dostoïevski et Jean-Jacques Rousseau, et, plus inédit, Herman Melville et Nicolas Machiavel. Sans rien ignorer des froideurs de la pitié émotionnelle (avec La Pitié dangereuse, de Stefan Zweig), ni des massacres perpétrés au nom du Bien (avec Vassili Grossman), il navigue entre le sublime et l’ordinaire de la bonté humaine. S’il existe une «  littérature du bien  », suggère-t-il, elle nous soigne et nous requiert, de même que la générosité de l’évêque Bienvenu oblige Jean Valjean et «  lui fait mal à l’âme comme une clarté trop vive ».

Blog de l’auteur :
http://michel-terestchenko.blogspot.fr/

Table des matières

Introduction

I. L’Angoisse du roi Salomon ou le cœur bête de Romain Gary

II. Temps difficiles de Charles Dickens et le jardin des « susceptibilités »

III. Le prince Mychkine, l’homme positivement beau

IV. La bonté et la beauté de la vie dans L’Idiot

V. Billy Budd, l’innocence et le mystère d’iniquité

VI. Les Misérables de Victor Hugo, les deux visages du christianisme

VII. « Commençons par l’immense pitié »

VIII. Ce bien qui fait mal à l’âme

IX. Stefan Zweig, La Pitié dangereuse

XX. La bonté et le bien selon Vassili Grossman

XXI. Ludmila Oulitskaïa, la leçon d’humanité

Conclusion

// Article publié le 5 février 2018 Pour citer cet article : , « Michel Terestchenko, "Ce bien qui fait du mal à l’âme". , La littérature comme expérience morale », Revue du MAUSS permanente, 5 février 2018 [en ligne].
http://www.journaldumauss.net/./?Michel-Terestchenko-Ce-bien-qui-fait-du-mal-a-l-ame
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